Découvrez ici la dernière newsletter de Michelle Bergadaà Professeur de communication et marketing à l’Université de Genève, depuis 1997 et Présidente de la Fondation pour une Éducation Responsable et Equitable (FERE).

Lettre 58 – 25 octobre 2014

Chers collègues, chers étudiants, chers lecteurs,

Les cas soumis ci-dessous par nos abonnés sont significatifs de l’ampleur que prend le phénomène de plagiat académique et d’une prise de conscience de la multiplicité des acteurs impliqués en amont comme en aval.

Alors que nous avons souvent exhorté nos pairs à prendre en charge eux-mêmes ce phénomène arguant que « l’ordre académique n’est pas l’ordre juridique » ou que « l’ordre académique n’est pas l’ordre médiatique », force est de constater que ces « ordres » convergent.

  • Voyez la réponse à la question de recherche de la lettre N° 57 Touche’pas ą mes slides de savoir qui est propriétairevos slides et de vos outils pédagogiques. Elle nous a été fournie par le Tribunal de Grande Instance de Bordeaux : « Il ne saurait être soutenu qu’un cours d’université n’est pas protégeable au titre du droit d’auteur… ». De plus, le plagieur concerné a été débouté en appel du fait qu’il contestait comme « manipulation » les tableaux comparatifs des preuves textuelles. Méthode que nous préconisons dans toutes les expertises (cf. par exemple, ce cas de 2011).

  • Nous avions initialement placé dans notre rubrique «Humour» le limogeage d’un collaborateur au motif que le discours de rentrée du Président du Conseil d’administration de l’Université Libre de Bruxelles avait été plagié (cf. C’est pas moi c’est lui). Finalement, sous la pression médiatique, ce Président a dû démissionner. Pourtant l’impact de son discours sur la recherche et l’enseignement est insignifiant. Nous avons donc revu notre copie en reclassant cette brève comme cas De quelle injustice parle-t-on ?

  • Notre responsabilité – au sens de Hans Jonas – nous appelle à nous déterminer – non pas selon une logique simpliste de la cause (le plagiat factuel) – mais en vertu d’une logique de la crainte vis-à-vis des conséquences éventuelles. Merci de lire Le comportement plagieur et ses conséquences, puis de contribuer à notre recherche collaborative en répondant (anonymement dans l’espace prévu) à la question : Si vous convenez du comportement plagieur d’un de vos confrères et que vous ne le dénoncez pas, qu’elle en est la raison ?

  • Ces conséquences d’un comportement plagieur sont magnifiquement illustrées par cette lettre de plainte d’un auteur qui impacte tous les acteurs et/ou victimes : l’éditeur d’une collection prestigieuse, le rédacteur en chef d’une revue scientifique, le Président d’une université, le Doyen d’un établissement académique, le Président de la commission d’intégrité d’une association scientifique, l’auteur se disant victime du rejet de l’article, son co-auteur, présumé auto-plagieur et plagieur…Voir Un petit monde si complexe.

Merci à tous ceux qui contribuent directement à notre site collaboratif et/ou qui diffusent nos lettres et nos analyses dans leurs réseaux et/ou inscrivent des collègues.

Avec mes très cordiales salutations.

Michelle Bergadaà

Professeur

Faculté d’Economie et de Management (GSEM), Université de Genève

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