Les Journées de Prévention du Plagiat - Tunis – 10 et 11 mai 2010
L’enseignement supérieur se mobilise
Des établissements d'enseignement supérieur tunisien et le logiciel d’aide à la détection de plagiat Compilatio.net se sont réunis lundi et mardi dernier à l’occasion des « Journées de Prévention du Plagiat en Tunisie», afin d’évoquer ensemble des pistes efficaces en matière de lutte contre la triche dans l’enseignement supérieur et de tous les outils de prévention à la disposition du corps enseignant.Des directeurs d’établissements privés et publics, ainsi que des enseignants de tous cursus ont participé à ces fructueux échanges dans les locaux de l’ENIT et de la Chambre Tuniso-française de Commerce et d’Industrie de Tunis.
Les points abordés durant ces 2 journées ont donné lieu à un vrai questionnement de fond:
1- Rappel sémantique sur la triche et le plagiat : comment peut-on différencier les deux ?
- La triche : Usage (ou tentative) de matériel non autorisé ou d’aides dans l’exercice académique (Pavela, 1978). Manifestation : Echange de copies, de documents, d’informations pendant un examen, antisèches
- Le plagiat : Faire passer pour sien les mots ou idées empruntées à quelqu’un d’autre. Manifestation : Absence de guillemets, reformulation, paraphrase sans mention de l’auteur, méconnaissance (à l’oral) de notions présentées à l’écrit
Constat : Dans l’enseignement scientifique, la définition semble claire pour toutes les « innovations créatrices » mais qu’en est –il des innovations dîtes « d’amélioration » ?
Un enseignant de l’INSAT aborde le fameux cas du théorème de Karimation, nouvelle démonstration revue et corrigée par Karim Ghariani, étudiant à l’INSAT. Le résultat du problème reste le même, seul change la logique pour y parvenir. Il est possible de déposer un brevet pour une contribution à une amélioration existante1 , ce qui rend délicate l’interprétation du sens même de plagiat.
2- La réalité du plagiat : une différence entre ce que l’on pense et ce que l’on constate
- 4 étudiants sur 5 déclarent avoir recours au “copier-coller”
- 9 enseignants sur 10 ont déjà été confrontés au “copier-coller”,
- 20% des enseignants ferment les yeux face à des cas évidents de fraude (Source: Tabachnick & Coll., 1991)
- 75% des enseignants qui prennent des mesures ignorent les directives institutionnelles (Source: McCabe, 1993)
Constat : Il est important de s’inspirer des autres expériences et écrits déjà réalisés. A l’inverse, être cité et repris par une tierce personne peut être valorisant, et est souvent vécu par le chercheur comme une consécration, à la condition que la paternité de la découverte soit justement attribuée.
3- Le cadre légal du décret 2422 de juin 2008 : une loi utile mais difficile à appliquer
Les jurys de soutenance des projets de fin d'études, du mastère et du doctorat, ainsi que les jurys d'habilitation, de recrutement, de promotion et les commissions consultatives sont chargés de vérifier l'authenticité des productions scientifiques et leur vacuité des cas de plagiat.
Constat : En Tunisie, un enseignant tuteur doit suivre un très grand nombre de doctorants, ce qui n’est pas chose évidente. Il y a également une gêne à avouer qu’un de ses élèves a triché, alors que l’on est censé l’avoir dirigé avec brio. L’enseignant tuteur se remettra fortement en cause, même si la faute n’est pas la sienne.M. Agnès, M. Verrier et Mme El Fekih
4- Les sanctions en cas de plagiat : Des mesures disciplinaires laissées à l’appréciation du chef d’établissement
- Le report, voire refus de soutenance pour les étudiants chercheurs, en cas de plagiat prouvé ayant une influence sur le fond et sur la valeur scientifique de la production
- Le prononcé d'une sanction du premier degré pour les candidats aux concours de promotion.
- Le refus de recrutement ou de promotion au grade objet de la candidature.
- L’interdiction de se présenter à tout concours ultérieur […] pendant (5) ans consécutifs.
Constat : Les établissements du supérieur manquent indéniablement de repères au niveau des sanctions à appliquer. Ils demandent des exemples concrets de références éthiques et déontologiques, déjà en vigueur dans d’autres établissements francophones.
5- Les moyens à la disposition du corps enseignants : Vers une démarche formalisée de lutte contre le plagiat ?
- La formation à la méthodologie pour tous les élèves : il y a un manque de cours sur ces thématiques, et ce, pour toutes les filières de l’enseignement supérieur.
- La sensibilisation à la propriété intellectuelle et le cadre éthique expliqué à chaque étudiant : l’étudiant n’a souvent même pas conscience qu’il est en train de plagier !
- Une explication sur les sanctions encourues et les conséquences au niveau pénal : Si l’on sait ce que l’on risque et ce que l’on perd, la dissuasion est plus forte.
- Les techniques internes à chaque établissement : Posters, affichettes, règlement interne, charte de non-plagiat… Là encore les établissements présents aux journées de préventions semblent manquer de standards et d’exemples précis sur lesquels s’appuyer.
- Les logiciels d’aide à la détection de plagiat : l’acquisition de Compilatio.net, solution mesurant les similitudes entre le texte d’un étudiant et toutes les sources disponibles sur Internet, afin d’identifier les plagiats entre les deux documents permet d'épauler efficacement les enseignants dans leur lutte contre le plagiat, et leur fait gagner du temps. Ils peuvent ainsi se concentrer sur le suivi de leurs étudiants et la qualité de leurs cours.
Les 4 axes de qualité de Compilatio.net :
− Simplicité d’utilisation
− Efficacité – richesse des résultats
− Facilité de déploiement et d’intégration
− Accompagnement
Constat : Aujourd’hui 5 écoles ont déjà acquis Compilatio.net pour les accompagner dans leur campagne contre le plagiat. Pour ces écoles utilisatrices, la réussite d’un tel logiciel passe par un plus grand engagement du corps enseignant et une volonté d’équité: l’analyse systématique des travaux rend la notation impartiale.
BILAN :
Il y a une réelle prise de conscience du fléau au niveau du gouvernement tunisien mais aussi et surtout au niveau de l’enseignement supérieur. Tous les enseignants sont confrontés malgré eux au problème et la volonté aujourd’hui n’est plus de rester seul et impuissant face à des cas avérés de plagiat.
Emerge alors une solidarité entre les écoles et une envie d’action collective.Portée par quelques établissements précurseurs comme l’ENIT, par les grandes mesures gouvernementales de modernisation de l’Ecole, et par des outils pédagogiques innovants tel que Compilatio.net, cette dynamique insuffle une volonté de transparence chez les enseignants et une plus grande responsabilisation chez les étudiants.
Crédits et contact: Anne Hamel, pour Compilatio.net / anne@compilatio.net / (+33) 457 410 127








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